L'odyssée des fous

Jean-Marc Bonnel

Les presses littéraires

  • Conseillé par
    22 mars 2013

    Recueil de 7 nouvelles qui ont toutes en commun de parler de la folie des hommes.
    - Le fou : un homme quitte tout, pour aller vivre anonymement dans une bergerie en montagne. La solitude finit par lui peser, il se met à boire. Cette nouvelle est une sorte de long delirium tremens totalement poétique et surréaliste, construite comme une chanson ou un poème avec un refrain : "Mais comment en suis-je arrivé là ! Baillonné, ligoté, enfermé, moi ... moi qui ne rêvais que de liberté !" (p.13) repris plusieurs fois avec quelques variantes, et des couplets, racontant sa vie d'avant et son délire actuel.
    - Le passage : une histoire totalement loufoque et très drôle, burlesque, ubuesque, sur la manière de passer un grillage, un mur ou un nuage voire un autel. Sans aucun doute, ma nouvelle préférée que j'ai lue à haute voix dans la pièce faisant rire mon public pas forcément facile (ma femme et mes enfants ont l'habitude du haut de gamme ; ouais, je sais j'me la pète un peu !)
    - Un homme heureux : un homme arrive seul dans un café et demande deux repas, un pour lui et un autre pour son amie, invisible au commun des mortels.
    - Les visiteurs du soir : un bibliophile voit en même temps des écrivains en liliputiens l'interpeller de sa bibliothèque et son couple exploser.
    - La chanson du squatteur : "Docteur ! Quelqu'un est entré dans ma tête. Il a dû profiter d'un moment d'absence... et hop ! Par la porte ou par la fenêtre, Docteur, j'ai quelqu'un dans ma tête." (p.83)
    - Le souffleur d'histoires : un homme qui veut écrire n'a pas d'inspiration. Il va donc voir le souffleur d'histoires, sorte de nègre pour tous les romanciers, les scénaristes, ... Mais pendant une brève altercation, le souffleur meurt. L'homme prend sa place...
    - Un homme à tout faire : dernière nouvelle du livre dans laquelle tous les personnages principaux croisés dans les histoires précédentes se retrouvent en consultation. Mais qui est fou ? Qui ne l'est pas ? Et Dieu lui-même ?
    JM Bonnel fait montre de beaucoup de poésie, de tendresse pour les personnages décalés, les fous, les hors-normes. On sourit beaucoup, on rit franchement parfois (surtout sur Le passage), on prend plaisir toujours à suivre les évolutions, les questionnements et les interrogations fantasques de tous.
    Le petit plus ? La dernière nouvelle dans laquelle tous se retrouvent, et un pied-de-nez final réjouissant et inattendu... quoique... Ce qui fait si vous comptez bien deux petits plus.
    Pour vraiment finir, cette petite phrase qui clôt le livre, juste avant les remerciements :
    "Si vous croisez un jour un fou, surtout ne lui donnez pas de mes nouvelles...
    Dites-lui des les acheter !" (p.145)