Pascale B.

20,00
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25 février 2024

Pépé Lanzaro

Marco, un tueur à gages de renom, est traqué par le milieu criminel, les autorités et un journaliste en quête de reconnaissance. Il est sur le point de changer sa destinée par amour.
Quel lien unit un berger orphelin, des nationalistes et un éleveur de chevaux ?

Dans cette fuite effrénée, l’auteur raconte avec une extrême lucidité les interactions entre les personnages, ancrées dans la réalité des milieux décrits.

Cette écriture travaillée et précise, peu conventionnelle en matière de polar, est entremêlée de phrases simples. Pauline Guena offre une approche impartiale et objective de la réalité policière et criminelle, tout en effectuant une analyse sociale méticuleuse aux personnages nuancés, dont certains touchants.

L’auteur injecte du dynamisme dans l’intrigue.

Récit entraînant.

« Sous la peau brulante de Marco, les morts s’agitent et suppurent de ses plaies comme s’ils voulaient sortir….. Il aperçoit la flamme folle des cheveux de la femme enceinte dont il n’a jamais su le nom…. »

« Reine s’élève, fumeuse, alanguie, elle quitte ce corps compact et douloureux … »

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19 février 2024

« Iceberg, pure Water”

Été 2048.
Dans un monde au bord de l’effondrement systémique, marqué par la disparition des espèces et les conflits environnementaux, un ancien diplomate âgé de 90 ans prend une décision audacieuse : relier le Groenland au pôle Sud en suivant la trajectoire migratoire de deux sternes arctiques inséparables.

Ces grands migrateurs, messagers du climat, expriment en plein vol leur fascination et leur inquiétude dans une épopée fantastique au-dessus d’un tableau désolant de notre réalité.

L’auteur nous invite à considérer les animaux comme des ayants droits autant que nous à notre terre.

Ce récit ornithologique et migratoire nous incite, grâce au vol possible de l’homme oiseau, à mieux appréhender la complexité du monde, passant d’une vision limitée à une perception élargie.

Ce roman, riche en imagination, suscite une inquiétude profonde pour une planète qui ne tourne plus rond, menacée d’extinction par chaque acte d’extraction ou d’utilisation d’énergie, interpellant sur la convergence inéluctable des deux pôles.

Inquiétant, voire affolant, pour que les lecteurs prennent conscience des limites de la régénération de la nature et de l’humanité.

« Toute la compagnie des ânes, pour marquer son approbation, se dandina en secouant selles de bât et sacoches. Des clochettes firent retentir dans la nuit de l’oasis un son joyeux ».

« Seul un oiseau, un oiseau comme vous, avec un peu de culture, pouvait rejoindre Siwa et retrouver le tombeau et le Soma, la dépouille du conquérant »

20,00
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15 février 2024

Happy App

Le récit se déroule dans un futur proche, les citoyens y évoluent au sein d’une société dominée par une pléthore d’applications évaluatives, d’analyses de probabilités, de traques de followers et d’attributions de notes. Ils sont assistés par une Intelligence Artificielle qui leur donne l’illusion d’une vie confortable et sans danger.

Une compétition acharnée s’engage pour obtenir le meilleur score du bonheur, quitte à déjouer cet ordre parfait….

Ce roman visionnaire, aux chapitres « à chute », dont le rythme va crescendo, est d’une efficacité redoutable. Intelligemment conçu, il dépeint une société contrôlant la vie privée. Avec un soupçon de comédie, l’auteur retourne malicieusement la situation, transformant la botanique en une force maléfique.

Un plaisir de lecture.

« Plus les quartiers seront heureux, plus les oiseaux seront précieux et colorés »

« Au-delà d’une certaine puissance, les systèmes nerveux des volatiles ne répondent plus, ça les rend fous »

Miriam Toews

Buchet-Chastel

22,00
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10 janvier 2024

Conchigliettes

Le roman de Miriam Toews, rédigé sous la forme d’une lettre adressée au père absent de Swiv, plonge le lecteur dans l’intimité d’une famille dans laquelle l’amour brave et éclipse les défis de la vie. La grossesse de la mère (un peu décalée et déterminée dans ses convictions) agite la maisonnée avec ses humeurs changeantes tandis que la grand-mère pleine d’énergie ajoute une dimension comique à l’histoire même si Swiv redoute le moment inéluctable de sa mort.
Ainsi, la légèreté côtoie le tragique (illustré en autre par un tournage en Albanie catastrophique). La petite fille explore le passé en compagnie de son aïeule, prenant conscience que le combat des femmes est parfois nécessaire pour assurer leur survie.
L’auteur met l’accent sur la maturité de Swiv ; la solidarité de femmes hors du commun et leur périple en Californie, avec une écriture poétique, drôle et émouvante.

« Se parler fait partie du combat »
« Ce qui suit est dédié à grand-maman, qui aime les rires et la vitesse. Elle aime les récits rapides, pleins de péripéties et drôles, et c’est pareil pour la vie. Elle n’aime pas trimballer les épopées »

La trilogie de l'autre rive, troisième époque

Grasset

24,00
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3 janvier 2024

Un ange passe…

Troisième volet d’une trilogie fantastique pouvant être lu indépendamment des deux premiers tomes.

L’histoire contemporaine se déroule à Écorcheville-sur-Styx où trois puissantes dynasties (Les Propinquor, les Esterai et les Bussettin) se disputent le contrôle.

Alors que la haute société s’apprête à célébrer les 20 ans d'Angelina Farewell, les cieux menacent d’engloutir la cité en mêlant les eaux à celles du Styx.
Face à cette crue imminente, le commissaire Ivredeau est chargé d’établir un rapport sur cette crise. Celui-ci découvre la coexistence de créatures divines avec la population ainsi que d’étranges jeunes individus dissimulés par leurs parents.
Un avenir incertain pèse sur la population qui cohabite avec un monde mythologique parallèle peuplé de centaures et minotaures.

G. O. Châteaureynaud offre une galerie de personnages riche et nuancée, et aborde des thèmes essentiels tels que l’immigration, la persistance de l’esclavage, les conflits de toutes sortes, la foi chrétienne et le réchauffement climatique…

L’auteur entremêle deux univers fusionnant le monde des humains et celui de la mythologie, engendrant des créatures singulières.
Comment ce peuple survivra-t-il à la submersion ? l’épilogue promet-il un souffle d’espoir ?
Une lecture captivante pour les rêveurs et les simples mortels.

« Le Styx est un fleuve sombre, farouche, étranger à tout commerce comme à toute plaisance »

« La créature était pourtant faite pour inspirer l’horreur. Le corps d’un oiseau supportait une tête de femme, livide, échevelée, dont un rictus tordait la bouche entrouverte sur des dents aiguës. »